Une journée au souk rural de Zerarda

Une journée au souk rural de Zerarda

Le souk, situé entre Zerarda et EL kassarate, est plein, bondé. De tout, il y a vraiment de tout les gens viennent de toute la région et sont principalement amazighophones. ZERARDA est le centre de ralliement de tous les douars avoisinants (EL kassarate, Ait Abdelaziz, Ait achour, Ait ali, Oued Elhmer, Tichouft ibawen, Lariab, Bokhaled, Ouawrakhssen, Chaâra, Bab lota, Ait saghrouchene, Sidi bouaissa, Smiaa, Zadra, Ait mchoud,..... ).
Pour la plupart, les affaires du souk du Mardi assurent la vie (ou la survie) pour tout le reste de la semaine. Chaussures, habits, tissus, légumes, fruits, bétail, poissons, poules, herbes, quincaillerie, sorcellerie, matériel agricole, de la contrebande aussi... Les couleurs chatoyantes concurrencent des odeurs enivrantes... et d'autres à faire vomir. La superficie dédiée au souk est compartimentée selon la nature du commerce. Ici, espace pour vente et achat de bétail, là pour le poisson. Les poules ont leur coin. Plus loin, il y a les tissus et l'habillement, ailleurs, les légumes et les fruits. Le souk du Mardi, est bien rangé par apport aux autres souks, les marchands soignent particulièrement leurs étals, veillant à ce que carottes, oignons ou choux soient bien alignés. Il y a même un parking où les gens peuvent mettre leurs ânes, le temps de faire leurs emplettes. Les vendeurs arrivent dès Lundi soir pour commencer l'aménagement de l'espace. Ils passent sur place toute la nuit et la journée du Mardi avant de quitter lorsque l'espace redevient désert vers 15 heures.
Du côté du bétail (Lmal ou kssiba, selon le jargon de la région), on marchande dur. Les propriétaires ne font aucune concession et sont intarissables sur les atouts de leurs bêtes. Côté acheteurs, on cherche le dénigrement et la consultation des dentitions pour vérifier l'âge. Beaucoup sont rentrés bredouille de ce souk. La plupart, des acheteurs et vendeurs, n'ont pas pu s'entendre sur les prix. "Cette année, Lmal est cher. Regarde cette chèvre. Elle a neuf mois et elle est toute maigre. Elle coûte 450 DH!" commente un vendeur de caprins en exhibant fièrement la dentition de la jeune bête. A en croire les explications d'un berger venu de loin, "en cette période, le souk est haut" (souk talea). Il faut comprendre que le marché est peu propice aux transactions. Il a bien plu. Le pâturage est disponible, les bêtes sont bien nourries et les éleveurs ne sont pas pressés de vendre.

Juste à côté, une tente, montée avec des bâches en plastique, propose de quoi manger. On peut y prendre du thé chaud et de la harcha ou des poissons... Le commerçant qui tient la baraque m'explique qu'il fait tous les souks de la région. Il vit ou plutôt survit de ça. Basé à Fès, toute la semaine, il accompagne les différents souks: celui de Ribat El Kheir, Tahla, Menzel, Karia Bah mohamed, Bir Tam Tam. "Cela ne me rapporte rien du tout, mais c'est mieux que de mendier".

Apres midi vers 12:30 et plus, c'est le moment de rencontre entre les jeunes des douars avoisinants dans des deux cafés celle de Chatabe et l'autre du colonel. Un jeune licencié chômeur de oued Lahmer retrouve son ext. Camarade de la fac qui habite douar El kassarat juste à côté du souk. Le débat entre les deux montre clairement que La nature a horreur du vide. Quand le social ne fait pas son travail, ou quand le réconfort laisse la place aux regards intransigeants d'une société aux codes stricts, la sorcellerie de souk brille de tous ses feux.

 

 

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